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Christian Quintane, coureur de l'extrême Convertir en PDF Version imprimable

Christian Quintane est motard des douanes dans le sud de la France mais également un sportif de haut niveau. Il a participé cette année pour la deuxième fois consécutive au Grand Raid de la Réunion, appelé aussi La Diagonale des Fous, tout un programme...


Christian, peux tu te présenter ?
J'ai 43 ans et je suis motard des douanes depuis 1983. Je suis président du CSCD (Club Sportif Culturel des Douanes de Marseille) depuis 1987, section Raid Nature.

Comment es-tu arrivé à pratiquer la couse à pied ?
cq3.jpgJ'ai toujours plus ou moins pratiqué la course à pied mais je cours plus sérieusement depuis 1987, l'année où je me suis blessé au rugby. J'ai commencé à prendre du plaisir à courir, à faire des compétitions sur 10 puis 20 km. Au début, je figurais dans le milieu du classement et puis j'ai eu envie de progresser ! J'ai alors adopté une meilleure hygiène de vie, une alimentation équilibrée, pratiqué un entraînement sérieux et les résultats se sont améliorés...

Ce sport est-il motivant ?
Oui, d'autant plus que je ne suis pas le seul à courir parmi les douaniers et des rencontres avec des collègues comme Henri Bouix (qui a participé à 8 Raids Gauloises, à la course de la Réunion et au triathlon Iron Man d'Embrun) et Christian Caparosse qui a lui aussi participé au Raid Gauloises et au Défi Vert sont très stimulantes.

Parle-nous de la Diagonale des Fous...
C'est la course la plus dure au monde, plus de 100 km ! Un truc de fous ! C'est Henri Bouix qui m'en a parlé et j'ai eu envie de la faire. C'est une course par équipe de trois et chacun court à son rythme, c'est le temps du troisième qui compte pour le classement. Pour organiser une telle course si loin de la métropole, il faut une vraie logistique, et pour cela il faut rechercher des sponsors, ce n'est pas une mince affaire...

Comment préparez-vous la course ?
La course a lieu début octobre. Arrivés sur place, il faut se réserver une période d'acclimatation notamment pour se remettre du décalage horaire et de la fatigue du voyage depuis la métropole. On en profite en outre pour effectuer, en équipe, un repérage des points de passage sur l'île. Ceci est très important car la nuit, le champ visuel est réduit et la progression est plus lente.

La course en elle même ?

Le mercredi soir on récupère les dossards et un premier briefing a lieu. Les organisateurs parlent du parcours et de l'assistance.
Le jeudi soir on prépare les sacs avec l'assistance (femmes et enfants). Nos accompagnateurs ont un rôle très important au point de vue psychologique : savoir que quelqu'un qu'on connaît nous attend est très réconfortant.
Le vendredi minuit, on prépare les affaires et on déjeune. On part vers la ligne de départ une heure avant car un contrôle des sacs est effectué. Le matériel obligatoire se compose d'une lampe frontale, d'une couverture de survie, d'un sifflet, de pommade, de 2 litres d'eau et d'une poche de réserve alimentaire.
cq2.jpgA 4 heures du matin le départ est donné. 2500 personnes s'élancent sur la route ! Dès le départ, c'est de la montée vers les hauteurs de l'île. Cela permet d'étirer le peloton. On monte dans les champs de bananes. On quitte alors la route pour emprunter les pistes. Au 12eme km, c'est le premier ravitaillement.
On part du niveau de la mer pour se retrouver à 2200 mètres sur les volcans ! Puis c'est le 2 eme ravitaillement mais celui là est personnel.
Puis c'est la montée de l'oratoire Sainte-Thérèse, la traversée de la plaine des Palmistes jusqu'à la RN 3. On grimpe ensuite le coteau Kervegueun qui est très sélectif. On enchaîne alors avec une descente très technique avec des échelles métalliques à travers une forêt de criptomérias et c'est la descente au premier cirque.
A Silaos, on est à mi parcours avec déjà 62 km parcourus ! On arrive à la deuxième assistance personnelle située à la moitié de la course.
Puis c'est reparti vers le col du Taillebit qui est extrêmement sélectif également. De là, on file vers le Col des Boeufs et la nuit arrive.

On pense à quoi quand la nuit tombe ?
cq5.jpgOn est inquiet car la nuit les appuis sont incertains, il faut retrouver le balisage et on perd du temps. Lorsqu'on on arrive à Grand Ilet on a parcouru 90 kms, on attaque une paroi de 1100 mètres de dénivelé et on descend sur saint Denis pendant longtemps. Le jour se lève enfin. On est content car l'arrivée est en vue et on est toujours en course !

Quelles sont tes impressions à la fin de le course ?
On est heureux, on est fatigué, les muscles sont durs mais on ne sent plus la douleur. C'est une très belle expérience, on a du temps pour réfléchir et se remettre en question. C'est vraiment aller au bout de soi même. Savoir que c'est la course la plus dure au monde et la faire c'est très valorisant, surtout que nous avons remporté cette année la première place par équipes sponsorisées !

Que dirais-tu à quelqu'un qui aurait envie de participer à la Diagonale des Fous?
Je conseille à tout le monde de la faire. Il suffi d'une préparation correcte mais aussi un mental de fer !

 

© Gabelou.com 2001
 

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