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Roberto Fraga est Contrôleur des Douanes, chef de bord dans une brigade de Surveillance Nautique mais aussi le créateur de jeux de société le plus primé de France en 2000. C'est à l'occasion du lancement officiel de son dernier jeu en date, "Contrario"(en vente sur ce site) qu'il nous a parlé de son métier et de sa passion.
Comment t'es venue cette passion pour la création de jeux ?
Nous jouions beaucoup pendant mon enfance. A l'époque, le choix de jeux familiaux était très limité (Monopoly, Scrabble, 1000 bornes...), et c'est peut-être ce qui m'a incité à me lancer dans l'invention de nouveaux divertissements. J'ai ainsi créé mon premier jeu à l'âge de quatorze ans, c'était un jeu de guerre sur le thème de Star Wars car je suis un passionné de science-fiction. Depuis cette passion créatrice ne m'a jamais quitté et j'ai inventé plus de 120 jeux.
Comment ta famille vit-elle cette passion ?
Mon mariage puis la naissance de mes deux filles ont fait évoluer le style de mes créations. Je suis passé des jeux de guerre un peu compliqués de mes débuts à des jeux plus familiaux et accessibles à tout à chacun. J'aime les jeux qui déclenchent une ambiance dans une soirée en famille ou entre amis.
Ma passion est partagée par mon épouse et mes deux filles qui ont 14 et 12 ans. Qui plus est, c'est une passion que je peux me permettre de garder longtemps car elle me rapproche de mes enfants à qui je fais aussi tester mes inventions.
D'où te viennent tes idées ?
Les idées peuvent naître n'importe où et n'importe quand, elles viennent d'une situation voire d'un mot. Dès qu'elles surgissent, je les note sur un bout de papier. J'ai une petite anecdote qui permettra de mieux comprendre: je n'ai jamais voulu mélanger mon travail et ma passion, de plus, mon investissement professionnel en tant que chef de poste ne m'en laisse pas le temps. Mais bien entendu, je ne peux pas m'empêcher de penser. Ainsi, lors d'une mission en mer il y a quelques temps, j'ai eu l'idée d'un fantastique jeu de sauvetage tout simplement en voyant tourner le faisceau lumineux du phare du Cap Fréhel ! A suivre...
Que deviennent tes idées de jeux ?
Une fois le concept défini, je réalise une maquette en carton et je rédige une règle du jeu. Nous testons alors le projet en famille et entre amis. Je soumets également ma maquette au grand public lors de divers salons du jeu et du jouet. L'avis de tous ces gens est très important car il me permet de mesurer l'intérêt suscité par un jeu et de pouvoir éventuellement l'améliorer.
Mon objectif est bien entendu de faire éditer le jeu. Si le concept rencontre l'adhésion de mes testeurs, je propose une maquette plus élaborée dans des concours de créateurs de jeux et des salons professionnels comme ceux d'Essen et de Nuremberg, les plus importants d'Europe. Là je rencontre des représentants de grands éditeurs tels Mattel, Ravensburger ou encore Hasbro, le leader mondial du jeu de société.
Ainsi, avec Matthieu d'Epenoux et Odet Homer, les co-créateurs du jeu "Contrario", nous avons monté une association informelle qui nous a permis, à force de persévérance, de nous faire un nom dans ce milieu professionnel du jeu. L'originalité et la qualité de nos inventions a ainsi valu à notre "French Connection du jeu" d'être maintenant connue et reconnue par tous les grands éditeurs. Leurs stands sur les salons ne sont plus pour nous des forteresses imprenables. Nous sommes partis du stade où c'est nous qui les sollicitions. Maintenant c'est eux qui nous contactent avant chaque salon pour convenir d'un rendez-vous !
Combien de jeux as-tu édité à ce jour ?
Pour le moment j'ai réussi à faire éditer deux jeux. En 2000, "Les Dragons du Mékong" édité par Descartes a été vendu à 20 000 exemplaires en France et aux Etats-Unis. J'espère que "Contrario" connaîtra un succès identique ou même plus important !
Il faut savoir qu'une idée n'est jamais morte et tous les projets qui sont dans mes placards sont en "stand-by", prêts à être un jour découverts et appréciés par un grand éditeur qui les lancera sur le marché. Je suis très fier d'avoir ainsi vu présenter une de mes maquettes aux studios américains Lucasfilms, la société de Georges Lucas, créateur de la série Star Wars. La maquette a été refusée pour des raisons diverses et variées mais l'essentiel est que le contact ait été établi avec ces grandes sociétés, c'est très important pour moi.
Quels sont tes projets à court et à long terme ?
Un jeu nommé "Tops" va être commercialisé par Ravensburger en février 2002 dans le monde entier, sauf en France, car la filiale française de cet éditeur a été curieusement la seule à le refuser. J'avoue que c'est un peu frustrant pour un inventeur français...
Un autre jeu d'aventure va également être lancé à la même période par un jeune éditeur. C'est un jeu de cartes rapide avec un CD interactif et un pistolet à fléchettes. Le nom du jeu n'est pas encore défini. Je peux d'ores et déjà te dire que ces jeux vont "cartonnner" !
Je n'ai pas réellement de projet à long terme mais le rêve de tout inventeur est bien entendu de toucher un jour le "jack-pot" et de pouvoir vivre de ses rentes tout en continuant à créer...
As-tu d'autres passions ?
Heureusement oui ! Je dois avouer que j'atteins parfois une saturation physique et mentale lorsque je passe des jours entiers sur la conception ou la finalisation d'un jeu et la pratique de sports tels que le football ou encore le hockey sur rollers me permet de me changer les idées ! Avec Florence, mon épouse, nous pratiquons également la danse de salon (tcha-tcha, mambo...) et je m'occupe aussi d'un club de jeux à St Malo.
Passion, quand tu nous tiens !...
Depuis cette interview réalisée en 2001, Roberto a récidivé avec Tops et Time is Money chez Ravensburger, Squad 7 et Ruhmreiche Ritter. Plus récemment, avec ses complices de Cocktailgames, il a imaginé et édité trois nouveaux jeux: Salut les Filles, Rapidcroco et Inextremis.
En ce début 2007, il nous présente l'activité "Création de jeux" sur son tout nouveau site Internet www.fragames.com
Mais où s'arrêtera t-il ?
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