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Johan Daval, motocycliste des Douanes, nous reçoit à LA ROCHELLE
Johan, tes amis et collègues te décrivent comme un passionné de sport mécanique. D’où te vient cette passion ?
Tout petit, bercé par le bruit des 4 cylindres, j’ai de suite été attiré par la moto. Mes deux oncles m’ont fait faire mes premiers tours de roue à l’âge de 4 ans. J’ai fait en sorte de réaliser ce rêve d’enfant et de le vivre au quotidien. Je suis entré dans cette administration en 1990 avec pour objectif d’être agent motocycliste des douanes.
Pourquoi la douane ?
Ma mère travaille dans l'administration des Douanes, mon père dans la Police Nationale, un oncle dans la Gendarmerie. Après un choix objectif, j’ai opté pour la Douane par attrait pour ce métier.
Quel a été ton parcours professionnel ?
Je débute en 1991 en tant qu’adjoint à l’attaché douanier à Bonn (Allemagne) dans le cadre du service national en administration durant une année et demi. J’effectue mon pré-stage au sein la direction régionale du Léman (74) en 1992. L’année suivante j’entre à l’Ecole Nationale des Brigades des Douanes (E.N.B.D.) pour y suivre mon stage de contrôleur. Major de promotion, je suis affecté à Vallard Thonex (74). En 1993, je suis sélectionné pour participer au stage motocycliste à l’E.N.B.D. A nouveau major, je choisis de partir à Boulogne-sur-Mer pour la création du groupe motocycliste, puis demande une mutation en 1995, dans les Vosges à Epinal pour une nouvelle création de groupe. Enfin, je suis affecté comme instructeur motocycliste permanent à l’E.N.B.D. depuis 2000.
Des motards en douane ?
Il y a 250 motocyclistes environ répartis dans une cinquantaine d’unités actuellement en pleine réorganisation. Chaque motard est formé à l’E.N.B.D. pour une période de 4 mois lors de son premier stage dit stage “initial”, puis 15 jours tous les 5 ans en recyclage.
En quoi consiste la formation d’un motard professionnel ?
Le but final est d’obtenir un niveau technique suffisant permettant à l’agent de remplir ses missions en totale sécurité. Devenir professionnel nécessite d’avoir diverses qualités techniques. Ces dernières sont travaillées au quotidien (8H par jour pendant 4 mois de pratique motocycliste) grâce aux diverses approches de la moto enseignées à l’E.N.B.D. La maniabilité sert à mettre en exergue le sens de l’équilibre, le tout-terrain est la meilleure école de la route car il développe des réflexes qui sont immédiatement transposables sur la route, les sorties sur route familiarisent le stagiaire avec les dangers et les sorties sur circuit permettent de dépasser en toute sécurité les capacités des élèves.
A la fin du stage, les motards qualifiés obtiennent une plaque numérotée. C’est une formation complète, difficile physiquement et mentalement.
Quelle est l'utilité d'un motocycliste dans les douanes ?
A mon avis c’est le meilleur outil de l’administration pour procéder au contrôle des véhicules (VL et PL) transportant des marchandises, que ce soit dans le flux de la circulation ou en point fixe où les motocyclistes sont à même d’interpeller les récalcitrants au contrôle en engageant une poursuite à moto.
Quels sont tes projets d’avenir ?
Sur le plan professionnel, je suis comblé par mon métier. A titre personnel, j’envisage de concrétiser un autre rêve d’enfant: participer à un prochain Paris-Dakar.
Tu as des compétences techniques reconnues dans ce milieu et la volonté de réussir, mais l’épreuve du Paris Dakar est une aventure physiquement très sportive...
C’est effectivement un rallye de haut niveau avec des journées entières de moto, mais, mon métier me permet de me préparer au mieux pour cette épreuve mythique. En effet, je pilote différentes motos 8 heures par jour et j’effectue un entraînement sportif régulier, je pratique le tout terrain 8 heures par semaine et la moto à titre général dix mois sur douze, quatre jours par semaine...
Effectivement qui peut rêver d’une telle préparation !!! ...
C’est sûr, mais afin de mettre tous les atouts de mon coté et de connaître tout ce qu’il y a à savoir sur ce rallye, je suis en contact avec divers spécialistes de cette discipline et je suis à l’écoute de leurs conseils. Il s’agit des meilleurs pilotes sur ce type d’épreuves et des professionnels avisés. Pouvoir m’entretenir avec ces “ténors” et m’enrichir de leurs expériences est primordial pour ma participation.
Johan a quitté la formation motocycliste le 31 décembre 2005 pour le soleil de la Guadeloupe. Bon séjour en Gwada.
© 2007 Gabelou.com - Patrick P.
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